Annulation de la foire AAF New York: pourquoi?
AAF New York : comment une foire internationale devient inaccessible pour les artistes québécois
Quand les tarifs de 50 % imposés par les États-Unis forcent l’annulation d’une présence artistique majeure.
🌍 Introduction
L’Affordable Art Fair (AAF) de New York représente, pour de nombreux artistes québécois, une occasion rare : rencontrer des collectionneurs internationaux, présenter leurs œuvres dans une métropole culturelle, et franchir une étape importante dans leur carrière. Mais en 2026, cette porte s’est brutalement refermée.
Les tarifs douaniers de 50 % imposés par l’administration américaine sur les œuvres d’art canadiennes ont rendu la participation à la foire tout simplement impossible pour plusieurs artistes et galeries du Québec, dont moi. Pour voir mes oeuvres: https://www.dominiquedesmeules.com/fr
💸 Des coûts devenus irréalistes
La galerie L’Art de vivre, située à Arvida, devait participer à l’édition de septembre de l’AAF New York. Tout était prêt : sélection des œuvres, logistique, communications, transport. Mais à quelques semaines de l’événement, un chiffre tombe comme un couperet :
65 550 $ US de frais à payer à la frontière pour entrer les œuvres aux États-Unis. Ce montant représente 50 % de la valeur déclarée des tableaux transportés.
À cela s’ajoutaient les 25 000 $ US de frais d’inscription, dont seulement la moitié a pu être remboursée.
Pour une galerie régionale, pour des artistes indépendants, pour des créateurs qui financent eux-mêmes leurs déplacements, ces montants sont tout simplement impossibles à absorber.
Toutes mes oeuvres abstraites étaient prêtes à quitter pour le AAF New York de septembre avec cette galerie.Pour voir mes oeuvres: https://www.artdevivregalerie.com/category/dominique-desmeules
🇺🇸 Pourquoi ces tarifs existent-ils?
Les États-Unis ont ajouté les œuvres d’art canadiennes à une liste de produits taxés à 50 %, dans le cadre d’une guerre commerciale visant environ 28 milliards de dollars de produits canadiens.
Les peintures, dessins, pastels et sculptures de moins de 100 ans sont désormais considérés comme des biens soumis à ces tarifs. Ce qui était autrefois un passage simple à la frontière est devenu un obstacle financier majeur.
🎨 Un marché international qui se referme
Pour les artistes québécois, l’AAF New York n’est pas seulement une foire : c’est un tremplin, un lieu de rencontres, un espace où les œuvres trouvent parfois leur premier collectionneur international.
Mais avec ces tarifs :
les galeries doivent renoncer à participer ;
les artistes perdent des opportunités de carrière ;
les ventes internationales diminuent ;
les relations avec les galeries américaines se fragilisent.
🧭 Quelles solutions pour les artistes québécois?
Pour l’instant, les options sont limitées :
Demander des exemptions douanières (rarement accordées).
Envoyer des catalogues plutôt que les œuvres physiques (solution imparfaite).
Se tourner vers d’autres marchés internationaux (Europe, Asie).
Renforcer la présence en ligne pour compenser la perte du marché américain.
Mais aucune de ces solutions ne remplace réellement la visibilité et les opportunités offertes par une foire comme l’AAF New York.
🖋️ Conclusion
L’annulation de la participation québécoise à l’Affordable Art Fair New York n’est pas un simple contretemps : c’est le symbole d’un marché de l’art fragilisé par des décisions politiques qui dépassent les artistes, mais qui les touchent directement.
Pour les créateurs québécois, cette situation rappelle une vérité essentielle : l’art n’a pas de frontières… mais les douanes, oui.
Et tant que les tarifs de 50 % resteront en place, les artistes devront redoubler de créativité — non seulement dans leurs œuvres, mais aussi dans la manière de faire voyager leur art.
La galerie l'Art de vivre de Saguenay où je suis représentée en permanence a donc décidé de faire une exposition collective avec les neuf artistes qui devaient aller à cette foire. Du 11 septembre au 3 octobre! Merci d'encourager les artistes locaux !

